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La maison de Georges

Un système de chauffage solaire à air

samedi 1er mars 2008

Construite en 1980, par son propriétaire lui-même, c’est une maison au départ tout à fait conventionnelle, de deux fois 100 mètres carrés de surface. Mais la démarche de son concepteur s’est enrichie de tout un lot d’observations de la nature, et notamment de la force de l’énergie solaire.

L’idée fructueuse a été d’isoler cette maison de l’extérieur et de ménager un espace de 8 cm de vide entre le mur extérieur et la brique de parement intérieur.

48 mètres carrés de panneaux solaires thermiques ont été installés sur la toiture de la maison. Il s’agit, simplement, de panneaux de polycarbonate, fixés sur des bacs d’acier peints en noir, afin de concentrer la chaleur.


L’espace de 4 cm entre le polycarbonate et le fond du bac suffit à chauffer l’air sous la vitre. Des ventilateurs captent cet air et l’envoient circuler tout autour de la maison, dans l’interstice déjà décrit plus haut, de même qu’entre les planchers du haut et du bas. Un thermostat commande le ventilateur. Il y a donc un matelas d’air chaud qui parfait l’isolation de la maison et contribue à la chauffer efficacement. À l’inverse, en été, deux trappes s’ouvrent en partie haute des capteurs solaires pour évacuer l’air chaud. Les avantages de cette climatisation naturelle sont multiples : outre l’économie d’énergie (le complément en radiateurs électriques coûte tout juste 300 euros/an, et l’insert consomme 2 stères/an), l’avantage tient au confort extrême de cette maison.
La sensation de chaleur constante, comme une chaleur d’été, vient de ce que les murs eux-mêmes rayonnent alors qu’un chauffage par convection laisse souvent une sensation de froid. L’air ambiant est sain, l’hygrométrie adéquate. Tout ce système repose sur le constat que l’air transporte la chaleur, alors que l’eau l’accumule. Les Romains le savaient déjà, qui chauffaient leurs thermes avec la fumée circulant dans des gaines souterraines.
Ainsi les observations intuitives sur le terrain ont permis à peu de frais une réalisation qui n’a rien à envier à la construction bio-climatique.

À partir de cette expérience, on peut aussi concevoir un autre type de projet, qui a été mis en œuvre à Piriac, au gîte des Amis de la Nature. Partant du principe que l’air transporte la chaleur, on peut, en faisant circuler de l’air chaud autour du réservoir rempli d’eau, chauffer l’eau elle-même à la température de 40° C. Il faut savoir que ce genre d’installation existe déjà dans certaines entreprises, notamment cosmétiques, pour chauffer des cuves.
Bref, à Piriac, trois réservoirs d’eau de 250 litres chacun, ont été placés dans un caisson isolé, dont les parois sont d’une épaisseur de 6 cm. 16 mètres carrés de capteurs solaires thermiques constituent la totalité de la toiture du gîte, qui s’intègre parfaitement dans l’environnement, ce qui a favorisé l’obtention du permis de construire, dans une zone pourtant protégée. Ces capteurs chauffent de l’air qu’on injecte à l’intérieur du caisson. Un thermomètre en mesure constamment la température. En période d’ensoleillement l’eau des cuves atteint par le seul recours à ce système les 40°C attendus. Si l’eau ainsi chauffée n’est pas utilisable, la chaudière au gaz prend le relai.

L’ingéniosité des deux dispositifs ci-dessus exposés est la marque d’un projet pensé et mûrement réfléchi : il combine l’exploitation intelligente des ressources du soleil - énergie inépuisable qui se renouvelle d’elle-même, et l’engagement dans une recherche d’autonomie1 vis-à-vis des énergies.


Cette autonomie passe d’ailleurs par le souci de maîtriser et de mesurer ses consommations. La maison de Georges par exemple est équipée de nombreux compteurs qui permettent d’en suivre de près le bilan énergétique.