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Enduits terre intérieurs

Sur des murs de pierre

vendredi 11 août 2006, par Julien

Support : maçonnerie en pierre en bon état : le mortier de chaux est peu dégradé et les bas de murs avaient été rejointoyés à la chaux au préalable (donc support présentant peu d’aspérités ce qui nous a valu quelques turpitudes inutiles quant à l’accroche de la première passe).

Choix de la terre

Extraits du site de Tiez-Breiz :

"Puis on se livre au test pour savoir si la terre est suffisamment argileuse ou non. Mais d’abord, il faut l’amener à la consistance d’une pâte à modeler en la pétrissant entre ses mains !

Le test consiste à rouler la pâte entre ses mains, pour former un "boudin" ou "colombin" du diamètre d’un petit doigt, et d’une longueur de 8 cm environ.
Si > 8 cm, terre trop argileuse ; si < 8 cm, terre pas assez argileuse.
On détermine ainsi si la terre doit être mélangée ou non avec une autre plus ou moins argileuse pour obtenir une terre correcte pour un enduit.
A noter que les mains doivent être propres et sèches..."

Matériaux

- de la terre à plus de 90% d’argile récupérée lors du creusement d’une lagune sur la commune voisine (il eut été plus intéressant qu’elle contienne beaucoup plus de sable).

- du foin pour armer le mortier. Le foin à été pris chez l’entrepreneur agricole voisin où il été préalablement coupé en bouts de 3 à 5 cm de longueur au moyen d’une ensileuse (avec le bec utilisé pour l’ensilage du maïs). Après broyage nous avons rempli des sacs de 110 l environ de façon à faciliter les dosages et les chargements de la bétonnière.

- du sable de loire en 0/3. N’importe quel sable aurait fait l’affaire pourvu que celui ci ne contienne pas de grosses particules qui entraîneraient des soucis au moment du lissage de la couche de finition.

Préparation du corps d’enduit

dosage : 5 vol de terre (sous forme de barbotine), 12 vol de sable, 12 vol de foin.
Le dosage de sable utilisé pour ce chantier étant fonction de la texture de la terre, on peut dire que l’on a tout intérêt à trouver une terre contenant beaucoup de sable pour éviter d’avoir a en rajouter par la suite...

La terre qui était stockée sous une bâche depuis 2 ans (donc à l’état sec), est passée au tamis de chantier (maille de 20 mm environ) incliné à 70° pour ôter les élément de plus de 2mm. On obtient alors une poudre assez fine que l’on imprègne d’eau dans des seaux au moins 1 heure avant le brassage dans la bétonnière. Une fois imprégnée dans des seaux, on brasse chaque seau avec une mélangeuse montée sur la perceuse et on obtient alors une pâte sans aucun "grumeaux".

Puis vient l’opération de chargement de la bétonnière. On met dans l’ordre la barbotine de terre, le sable puis le foin. On ajoute éventuellement un peu d’eau pour arriver à la bonne consistance (celle-ci se trouve rapidement quand on est devant le mur).

Vient ensuite l’application au mur sur une épaisseur de 3 à 5 cm, et là, il faut des poignets solides car on "frappe" le mélange contre le mur avec le plat de la main pour que celui-ci se mette bien place. Le deuxième jour, on ne serre plus la main de personne en arrivant sur le chantier ;-)
Cette première couche (le corps de l’enduit) peut paraître bosselée et présenter des brins de foins qui sortent de l’enduit : pas d’inquiétude, la couche de finition va tout rattraper.

Préparation de la couche de finition (deuxième passe)

1 vol de terre (préparée comme précédemment sous forme de barbotine), 0,5 vol de sable, 4 vol de corps d’enduit (donc le premier mélange utilisé) de l’eau.
Ce mélange est plus lisse, plus liquide, contenant moins de foin mais aussi plus lourd.

On applique cette couche de finition à la lisseuse sur le corps d’enduit avant que ce dernier n’ait eu le temps de sécher pour faciliter l’accroche et sur une épaisseur la plus fine possible : juste de quoi rattraper bosses et creux et assurer un aspect homogène.
Il faut essayer de faire une application par pans de murs entiers car les raccords peuvent être visibles.
On pourrait ajouter un pigment à cette étape mais nous ne l’avons pas fait.

En conclusion, là c’est Léo patati patata...mais elle est à la récolte des haricots en ce moment ;-)

http://www.lepotagerdetrelo.com/


Quelques références économiques :

Surface enduite : 85 m² environ.
main d’oeuvre : 290 heures (à 3 pers en moyenne et sur une douzaine de
jours).
sable : 200 euros,
terre : 30 euros (transport en camion),
foin coupé (gratuit dans notre cas).

Avec une "bonne" terre, et sans compter la main d’oeuvre, on pourrait
approcher les 50 cts du m².

Bibliographie :

http://maison-tregor.eu/chambre/terre.html

Maison Charmeau :
http://www.areso.asso.fr/article.php3?id_article=125