Accueil > Ecoconstruction > Menuiseries > Le percement des ouvertures

Le percement des ouvertures

mercredi 27 décembre 2006, par Lionel

Lorsqu’il s’est agit de réaliser un percement, nous nous sommes tournés vers un professionnel.
La commande visait la pose d’un linteau de chêne récupéré de dimensions après reprise L : 140*l :50*h :27.

Nous nous sommes adressés d’abord à une entrepreneur normal en maçonnerie normale/contemporaine.
Au vu de notre mur (pierres de granit assez rondes, montées/hourdées avec un mortier de chaux (visiblement terreux) garni sans excès (présence de nombreuses petites cavités à coeur du mur), il a proposé de procéder par percements au tiers :

il s’agissait, après l’avoir soulagé en étayant, de dégommer sur la hauteur d’un linteau, le mur au tiers de son épaisseur afin de poser dans la longueur de la saignée un IP, une poutre d’acier, (d’un côté du mur d’abord, puis de l’autre, après avoir bien « fermé » le dessus du premier), avant de percer en grand le mur ainsi soulagé, au dessous des IP, pour y placer notre bois (puisque nous l’avions) et empècher au passage l’éboulement du tiers restant entre eux.

Comme cette manière de procéder ne nous satisfaisait pas à fond (« sur-linteautage » + utilisation d’IP surénergivore (extraction/production/transport) - à l’inverse du bois (local - à condition d’y prendre garde - et fixateur de CO2 et de plus ici, de récupération) et parce que nous n’étions pas convaincu de sa nécéssité, nous avons cherché un artisan qui connaîtrait mieux ce type particulier de support, un artisan local donc.

Nous l’avons trouvé : il a grosso modo daté la batisse, détaillé les matériaux mis en oeuvres, et annoncé qu’il ne devrait a priori pas même étayer (le coup des IP, ça l’a fait sourire) il l’avait fait 1000 fois... d’ailleurs il viendrait seul et devrait passer le boulot dans une petite journée ... ce qu’il a fait. (Quand même, il était venu avec deux étais ... ils ne sont pas sortis de son fourgon).

Le mur a été préparé (piqué) pour permettre sa « lecture » et le niveau bas du linteau repéré au mur (cordex - ligne la plus basse).
Le percement est effectué au marteau piqueur éléctro-portatif ; l’outil est introduit dans les joints :

le percement est réalisé (160*60 à peu près) ... ça tient. Il n’étaiera pas :

réalisation de l’assise :

linteau posé à midi + rebouchage :

cool à 17h00 :

L’objet de cet article n’est pas de savoir bien s’il faut étayer ou non, (dans le doute* on étaiera toujours !!!), il est de montrer que deux artisans pourront, appréhender de manières très très différentes la résolution d’un « problème » (fonction de leur experience/savoir faire/connaissance du terrain/sensibilité).
Or ces différences ne sont pas rien.

* (doute) : ce qui, associé à la méconnaissance du support, poussait le premier que nous ne blamerons pas trop** à « sur-I.P-iser » un mur qu’il craignait de voir s’éffondrer.
** : nous même avons eu peur de le faire seuls ... alors qu’après coup ... .


Il nous a expliqué comment avait été fait notre enduit chaux : mélangé à la pelle par les ouvriers (dont il avait fait partie étant plus jeune), très épais, il tient les murs de notre grange bien plus que ne le fait la terre qui remplit les interstices entre les pierres à l’interieur du murs.