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Isolation en laine de chanvre en vrac

Par dessus, avant de couvrir en tuiles

mercredi 5 octobre 2005, par

La couverture en tuile était à refaire, le bâtiment manquait un peu de hauteur, et nous souhaitions conserver l’aspect de l’ancienne volige à l’intérieur : il a donc été décidé d’isoler le toit par dessus en ajoutant une sorte de seconde charpente pour ménager les 20 centimètres nécessaires à la pose de l’isolant.

Celui çi a été choisi pour ses qualités écologiques : matériau renouvelable, relativement local (car provenant à notre surprise du département de l’Aube), cultivé sans engrais ni pesticides, c’est également l’un des matériaux écolos les moins chers pour l’isolation des toitures avec la ouate de cellulose, la chenevotte et la laine de mouton brute.

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Laine de chanvre en vrac

La charpente était bonne, hormis quelques chevrons (rappel : la volige, ce sont les planches posées sur les petites pièces de bois qu’on nomme des chevrons, qui sont eux mêmes supportés par des pièces de bois moyennes, les pannes, portées par des grosses poutre qu’on appelle les fermes) et quelques voliges. Un charpentier venu voir l’ouvrage nous a dit que les petites bêtes avaient mangé ce qu’il y avait à manger - l’aubier - et étaient parties ensuite.

Isoler par le dessus c’est plus pratique pour utiliser de l’isolant en vrac (moins cher), mais par contre il faut isoler et couvrir en même temps, à cause de la pluie.

On a commencé par virer toute la couverture en tuiles canal anciennes, en les faisant glisser sur un toboggan en tubes d’échafaudage.

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Toboggan à tuiles

Puis on a vissé et cloué un système croisé de pièces de bois des récup’ de 10*5 au dessus de la charpente existante.

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Le doublage de la charpente

La double charpente

Ensuite il a fallu fermer cet espace qui allait contenir l’isolant vis à vis des rongeurs : on a utilisé les restes de la maçonnerie de l’ancien faîtage, retourné, pour barrer la route sur les extrémités, et en bas des pentes au niveau des murs, on a maçonné de la brique plâtrière en biais, de façon a ce qu’elle arrive au ras de la nouvelle volige...on vous dira si ça marche...!

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On a traité la vieille volige avec du sel de bore, puis on a agrafé du carton récupéré auprès d’une usine, pour faire pare-poussière et éviter que des petites particules du chanvre ne passent dans la maison. Le bois mis en oeuvre par dessus avait été récupéré dans un ancien entrepôt à bois, donc il était déjà maxi traité.

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Agrafage du carton du dessous

On a disposé des morceaux de voliges dans la pente pour prévenir le tassement de l’isolant vers le bas, et fabriquer des sortes de caissons, qui nous ont également permis de répartir la quantité de chanvre à y placer.

Nous avons choisi la laine de chanvre - c’est à dire la partie intérieure des tiges de la plante, dont on faisait la ficelle - en vrac parce que c’est un des isolants locaux les moins chers en autoconstruction. Son prix rivalise avec la laine de mouton brute, et cette dernière ne nous paraissait pas convenir à une isolation par le dessus, sans accès possible par la suite. La chenevotte - qui est la partie extérieure des tiges de la plante : l’aubier - est un peu plus chère à l’achat, mais beaucoup moins longue à mettre en oeuvre. En effet, il faut décompacter la laine de chanvre avant de la mettre en oeuvre : nous avions un volume de 20 cm sur 70 m2 (soit 14 m3) à remplir, et les deux balles de chanvres que nous sommes allés chercher en Bretagne faisaient 1*0,60*0,60 m....!!! Une partie du volume se redéploie tout seul au déballage.

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Les sacs de chanvre pré-décompacté.
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Chanvre compacté
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Décompactage du chanvre
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Activité agréable, surtout comparée à la pose de laine minérale...

Nous avons rempli et pesé des sacs d’environ 8 à 15 kg pour monter aisément le matériau sur le toit, et la pesée nous a permis de répartir régulièrement le chanvre sur toute la surface dans les cases que nous avions préparées.

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Un sac, pose du carton du dessus et de la volige

Le chantier s’organisait par tranche de 3 ou 4 rangées de cases car il fallait dans la journée pouvoir agrafer le carton du dessous, décompacter le chanvre dans les cases, agrafer le carton du dessus (nécessaire comme pare-vent, pour éviter que l’air ne s’engouffre dans l’isolant annulant ses propriétés, et pour ménager la lame d’air indispensable d’un cm sous la nouvelle volige), clouer la volige et éventuellement poser les tuiles ou bâcher.

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Agrafage du carton du dessus
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Pose de la volige

Le carton du dessous avait aussi comme objectif de faire pare-vapeur, car il fallait que la perméabilité à la vapeur d’eau des matériaux soit croissante vers l’extérieur, afin de bien l’évacuer. Comme on mettait du carton à l’extérieur (nécessaire comme pare-vent), et que le chanvre est un matériau plus perméable à la vapeur d’eau que le carton, il fallait ré-équilibrer et faire baisser la perméabilité en remettant une couche de carton dessous (cf. article "Principes généraux en écoconstruction").

On a aussi essayé de coller à la terre-chaux des bandes de tissus sur l’ancienne volige, mais ça ne tenait pas bien....

Au niveau longévité du carton dans le temps, on vous donnera des nouvelles.

On a aussi hésité à poser un pare-pluie, c’est à dire un polymère (du plastique fabriqué avec du pétrole), posé sous les tuiles, pour parer aux fuites provoquées par une tuile déplacée ou brisée. On en avait trouvé un qui laissait passer la vapeur d’eau, mais notre répugnance à utiliser des matériaux issus de l’industrie pétrolière associé à la crainte qu’il ne soit pas assez perspirant nous a fait renoncer à son emploi.
On a un moment envisagé une solution manufacturée : un pare pluie écolo (paracel), mais il y avait des soucis de pente minimale (on a une pente assez faible) ou un aggloméré de bois écolo à poser à la place de la volige (gutex multiplex), mais c’était cher, ça venait d’allemagne, et on avait déjà récupéré la volige....
Nous avons soumis notre isolant à un test de rétention d’eau : trempé dans l’eau une nuit, le chanvre sèche assez vite et ne pourrit pas. Nous avons donc résolu de monter sur notre toit remettre en place les éventuelles tuiles déplacées quand ce sera nécessaire (quand il y aura des gouttières à l’intérieur de la maison !!!) et de nous passer de la feuille de plastoc.

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Tuiles de courant

Le choix des tuiles s’est porté vers une briquetterie locale (30 km), cuites au bois pour celles de couvert (du dessus), par contre, comme nous ne sommes pas des couvreurs émérites, nous avons acheté à une grosse entreprise de vendée des tuiles de courant (de dessous)cuites au gaz munies de petits ergots stabilisateurs, qui nous ont affranchis du travail de calage, que nous ne maîtrisions pas.

Une autre solution aurait été de prendre des tuiles de courant "stop" légèrement carrées, cuites au bois par la briquetterie artisanale , mais celles-çi n’ont pas le même rendu esthétique.

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Le toit fini

Pour 70 m2 de toiture (juin 2004) :
- La chanvrière du Belon Les Kaolins 29340 Riec sur Belon 02 98 06 45 34 (attention la laine de chanvre qu’ils distibuent vient de l’Aube LCDA, qui ne la vend pas directement, 1205 E les 14 m3 sans la livraison)
- Sel de Bore/borax : Distributeur QEM 44 Rezé 02 51 70 96 61 (2 kg permettent de traiter 40 m2 et coûtent 18 E)
- Tuiles de courant TEGULA Tradifix SIBO Groupe Bouyer Leroux 85 Saint Martin des Fontaines (détaillant de matériaux, 915 E)
- Tuiles de couvert Tuilerie CORBET 44 Treillères 02 41 56 72 75 (630 E)

- Hubert MORICE 44320 Chauvé 02 40 21 10 71 (paille de chanvre : laine et chenevotte mélangées, nécessitant une mise en oeuvre sous forme de béton de chanvre 53 E le m3)
- Kanabreizh 22 : vendent de la laine de chanve, label AB

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