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Des “ toilettes à compost" au salon Primevère.

mardi 6 septembre 2005

Ce compte-rendu est réalisé par les “ gandousiers ” (terme local lyonnais qui nommait les vidangeurs de fosse d’aisance autrefois) qui ont tenu un stand d’animation/information/usage de toilettes à compost les 20 / 21 / 22 février 2004 lors du salon-rencontre écologique Primevère à Lyon.

Une opération de mise à disposition du public de toilettes à compost avait été réalisée le 21 septembre 2003 lors de la commémoration de l’explosion d’AZF à la Prairie des Filtres à Toulouse, en coopération entre l’Association Régionale de l’Ecoconstruction du Sud Ouest (Areso) et le Collectif “ Plus Jamais ça ni ici ni ailleurs ” (Pjcnina). C’est en prenant en compte les enseignements de cette première journée de Toulouse qu’a été proposée l’opération de Lyon à l’association organisatrice du salon, Primevère.

Les objectifs convenus étaient :

* Sensibiliser le grand public à la question des risques industriels. Mettre en avant que le geste de la toilette à compost est une alternative à l’industrie chimique de l’engrais et à la surconsommation d’eau.

* Montrer au grand public que des toilettes à compost dans une situation de manifestation éphémère, et en intérieur “ c’est possible ”.

* En conséquence des deux premiers objectifs, susciter la prise en charge d’une activité économique de location de toilettes sèches à compost par des acteurs locaux.

Bilan au regard de chacun des objectifs premiers

Sensibiliser le grand public à la question des risques industriels. Mettre en avant que le geste de la toilette à compost est une alternative à l’industrie chimique de l’engrais.

Nous pouvons affirmer que le lien entre toilettes à compost et risques technologiques était facilement perçu, même si cela passait d’abord par une interrogation de quelques dixièmes de seconde. On pourrait appeler ça, l’évidence réfléchie. Les gens que nous avons informés comprenaient vite que la récupération de nos excréments et leur compostage court-circuitent l’industrie chimique de l’engrais agricole, le système de grande consommation d’eau du au tout-à-l’égoût, la pollution des rivières par les rejets agricoles et les rejets de l’assainissement, la consommation d’eau en bouteille plastic, l’incinération des boues de station d’épuration et des bouteilles vides, les transports de camions en tous sens pour tout ça. De ce point de vue, la réussite est importante et avérée.
Les effets attendus de cette sensibilisation sont culturels (changer nos représentations du propre et du sale, du déchet et de la ressource) et concrets (que de plus nombreuses personnes se mettent à utiliser les toilettes à compost).

Montrer au grand public que des toilettes à compost dans une situation de manifestation éphémère, et en intérieur “ c’est possible ”.

Là aussi, notre succès est indéniable. La fréquentation soutenue tout au long du salon, le sourire ou le rire des usager-e-s lors des explications, l’absence de nuisance (le bruit et l’odeur) vis à vis des autres stands, la réalité du service offert, la libération de la parole sur le pipi-caca, l’acceptation sociale de la validité du sujet de réflexion, sont quelques unes des raisons qui nous permettent d’affirmer que le résultat est plus qu’honorable. Nous avons donc bien démontré que non seulement “ c’est possible ”, mais qu’en plus “ ça marche ” et “ c’est sympa ”. Le cadre resserré de l’exercice, disponibilité étroite de l’espace et du temps, confinement à l’intérieur, absence de culture de l’utilisation de l’objet, usage intensif sur une durée brève, dessinent bien le caractère de défi de l’opération et amplifient notre réussite sur cet aspect. Le fait que Patricia F., permanente de l’association organisatrice du salon, nous ai amené Jean-Jacques Queyranne (tête de liste socialiste aux régionales Rhône-Alpes) et le lendemain Gérard Collomb (maire de Lyon) en nous demandant de leur faire visiter les toilettes et leur expliquer notre démarche, est sans aucun doute la confirmation, du côté de Primevère, de l’obtention d’un bon résultat sur cet objectif. Il faut dire que cela avait tout aussi bien marché à Toulouse le 21 septembre 2003, et que c’est justement cette bien heureuse surprise qui avait provoquée la proposition de rééditer l’opération pour Primevère. Etant à la deuxième prestation, avec un public plus sensible encore à la problématique des toilettes sèches, puisque visiteur d’un salon écologique, le risque d’échec était faible. Il confirme le sentiment général selon lequel le grand public se déclare prêt à opérer des modifications à son comportement. L’avenir dira si ces mots s’enracinent en actes.
Les effets attendus de cette sensibilisation sont l’émergence d’une demande explicite de la part du public vis à vis des organisateurs de manifestations publiques, d’un service de toilettes à compost. Demande exprimée et justifiée par l’argumentaire de la substitution de l’engrais organique à celui de la chimie, et de l’économie d’eau, le tout dans le cadre d’une compréhension simple de l’opération.


Structure en Douglas non traité, parquet en pin des landes, bidons de récolte en plastic


En conséquence des deux premiers objectifs, susciter la prise en charge d’une activité économique de location de toilettes sèches à compost par des acteurs locaux.

Sur ce sujet, nous devons rester bien plus modestes. Ni au cours de la préparation, ni pendant le salon, nous n’avons trouvé de partenaire. Les raisons que nous pouvons y voir : Pas de prise en compte par Primevère de cet aspect de la problématique, pas de temps disponible pour les gandousiers pour le faire, défaut de coordination entre nous là-dessus, pas de préparation de la communication ou information auprès des éventuels acteurs. Peut-être était-il trop tôt pour tou-te-s (nous, Primevère, entreprises d’insertion, collectivités territoriales... ?) La réussite des objectifs précédents suppose peut-être un temps de réflexion qui n’arrivera à terme que dans plusieurs mois ou plusieurs années ? En tout état de cause les appropriations du concept comme de l’objet par des “ repreneurs ” ne se sont pas faites. L’acceptation et la demande publique sont là, la prise en charge de cette demande est absente. La prolongation de l’argumentaire et la diffusion de la conscience des risques industriels sont donc, provisoirement faut-il l’espérer, en panne. Pourtant, la demande institutionnelle ou privée a été importante.
Sont en effet venus nous demander de mettre à disposition ce service de toilettes à compost publique pour des manifestations brèves ou permanentes : la coupe du monde de canoé-kayak à Bourg St Maurice en Haute-Savoie fin mai 2004, un conseiller municipal de la commune de la Roche de Solutré en Saone et Loire pour le parcours du pèlerinage, deux architectes paysagistes travaillant pour des communes rurales à vocation touristique de Saône et Loire et d’Ardèche, une association de viticulteurs du Beaujolais, des agriculteurs syndicalistes faucheurs d’OGM pour leur procès à Vienne en Isère, l’organisation de la foire Biocybèle à Rabastens dans le Tarn, ATTAC à Macon pour sa fête annuelle, un industriel suisse du médicament bio, tous ceux-ci sans compter quelques groupements provisoires de “ teufeurs ” qui veulent faire la fête en ville à Lyon ou dans des endroits protégés dans le Vercors ou en Corrèze.
Les inerties de l’offre tiennent sans doute aussi au sujet (je veux bien chier et pisser écologique mais je préfère que d’autres s’occupent de porter ma merde). Elles tiennent sans doute aussi au caractère “ extraordinaire ” de l’opération (je ne saurai jamais monter une opération pareille).


Habillage des cabanes en canisses de roseau enduites de terre ou en bardeau de cèdre


Bilan concernant les effets ou les objectifs secondaires

Concernant la rencontre avec les usager-e-s

De très nombreux et très beaux moments de discussions, sans trop d’évitement, sur les questions de la fabrication des cabanes éventuellement chez eux, sur la question du compostage dans leur jardin ou en situation d’immeuble en ville, ceci avec souvent de l’humour ou des sourires. De belles discussions sur le lien entre risques industriels et toilettes à compost, le lien, y compris avec les stations d’épuration, les usines d’incinération et la prolifération des camions, se construisant très rapidement dans l’esprit des usager-e-s au cours des premiers échanges.

Principales questions posées et réponses apportées

Où mettez-vous tout ça ?
On espère pouvoir le faire composter chez un agriculteur mais on ira le verser sur une plate-forme de compostage du Grand Lyon ;

Quel temps est nécessaire pour le compostage ?
Un an est un ordre de grandeur.

Comment faire en appartement ?

Organiser la collecte comme l’artillerie de Vénissieux le faisait aux siècles précédents. On trouvait ainsi des “ poudrettes ” à la sortie des villes depuis au moins la fin du 17 ème et jusqu’à la première moitié du 20 ème siècle. Il peut y avoir intérêt à organiser en même temps la collecte des déchets de cuisine, ce qui allégerait considérablement la poubelle, et les incinérateurs. Il est aussi possible de réfléchir à la méthanisation. Cependant, ce qui part en “ biogaz ” ne produit pas du compost à usage agricole.

Pourquoi ne pas faire des toilettes à compost publiques en ville ?
Demandez à votre maire.

Combien ça coûte ? (pour les utiliser ici)
C’est gratuit, compris dans le montant de l’entrée.
Combien ça coûte ? (pour en avoir chez soi)
Une cabane au fond du jardin comme à Toulouse coûte en matériau 250 euros environ. Celles de primevère deux ou trois fois plus, on n’a pas fait les comptes. Dans sa maison, moins d’une centaine d’euros, en tous cas bien moins cher qu’un WC à eau quand on compte tout ce qu’il a fallu acquérir en cloison, en cuivre, en PVC et en faïence blanche.

Je voudrais l’adresse de quelqu’un qui en fabrique, qui en construit. Je voudrais un plan .
Voir réponse locale.

Est-ce que ça composte même avec les antibiotiques que les gens (les autres) prennent ?
Oui. Le moyen le plus efficace d’empêcher de nuire ces poisons (auxquels il faut ajouter les autres médicaments allopathiques, les hormones contraceptives, les résidus de pesticides présents dans la nouriture, etc), c’est précisément de les confier à des réacteurs bactériens polyvalents et rustiques, qui vont pouvoir les dégrader. Le tas de compost et le sol où il est épandu sont ces réacteurs.
Les antibiotiques, et les autres polluants chimiques de synthèse, posent par contre des problèmes aussi graves qu’insolubles dès lors qu’on les dilue dans l’eau et qu’on les rejette à la rivière, les stations d’épuration étant incapables de les retenir. Dans l’eau, la dégradation microbienne se fait lentement, les molécules chimiques restent actives longtemps, jusqu’à l’océan. L’eau disperse les problèmes, elle ne les règle pas. Alors qu’en les gardant chez soi, c’est la vie du sol local qui s’en occupe. Ceci étant, les molécules de synthèse sont une charge pour les écosystèmes qui en héritent. Les enzymes des décomposeurs ne les reconnaissent pas bien et ont du mal à les déconstruire. Il suffit de jeter dans le compost une vraie pomme et une pomme en plastique et observer la différence au bout de l’année pour avoir une image de la difficulté de l’opération.

Est-ce autorisé d’avoir ça chez soi ?
Oui bien sûr. Même s’il est obligatoire d’être raccordé à un système d’assainissement type tout à l’égoût ou fosse toutes eaux, il n’est pas obligatoire de s’en servir. Au cas où vous avez une fosse toutes eaux et que vous mettez en place une toilette à compost et un système de phyto-épuration, vous pouvez toujours transformer votre fosse toutes eaux en citerne d’eau de pluie.

Est-ce que ça n’aide pas à faire proliférer les épidémies ?
Non, au contraire. Par rapport au risque épidémique, les bonnes solutions sont celles qui empêchent la dissémination des germes et la contamination de la population, ce sont la fosse septique avec infiltration sur place, la phytoépuration, les toilettes sèches avec compostage.
Il n’y a pas de plus efficace agent de dissémination ni meilleur vecteur de contamination que l’eau de rivière. Les stations d’épuration étant incapables d’éliminer les germes pathogènes, le tout-à-l’égout est une pratique profondément anti-hygiénique, d’autant plus que les procédés courants de traitement de l’eau potable ne sont ni efficaces à 100%, ni sans risques pour la santé.
Cette eau est ensuite utilisée pour les arrosages sur les légumes que les supermarchés nous vendent. L’épandage des boues des stations d’épuration non compostées est également autorisé en agriculture, bien que chargées en composés organo-volatils, en métaux lourds, et même en substances radioactives. Quant à l’incinération, elle élimine à coup sûr les germes mais fabrique des dioxines et des gaz à effets de serre.

Pourquoi séparer l’urine des matières fécales à la récolte et les composter séparément ?
D’abord pour des questions de confort olfactif dans un endroit fermé comme le salon Primevère. Séparés les excréments produisent beaucoup moins d’odeurs que mélangés. Ensuite, pour le transport des bidons plus facile si le liquide est séparé du solide. Quand tout sera composté, les deux ensemble, seront remis dans le champ, parce que le rapport du carbone sur l’azote dans le mélange des composts est intéressant pour la fertilité .

Si l’on installe une toilette à compost alors qu’on a déjà un système de phytoépuration, la phytoépuration fonctionne-t-elle encore sans l’apport des bactéries des matières fécales ?
Aucun souci, le système marcherait même avec seulement de l’eau de pluie.

Est-ce que ça marche en haute montagne, en région désertique chaude ?
Oui, bien sûr. En haute montagne, les systèmes à eau ne marchent pas parce que l’eau gèle, et de toute façon, il n’est pas correct d’envoyer des effluents dans des ruisseaux à truites. Beaucoup de refuges et de stations de ski sont équipés de toilettes sèches.
Dans les déserts chauds, le peu d’eau disponible est réservé à la boisson des hommes et des bêtes, et à l’arrosage des cultures. Les traditions de ces pays nous montrent des modèles très intéressants de toilettes sèches à compost, comme à Djenné (Mali) par exemple.


Signalétique forte par des bannières en perche de châtaignier. Le terreau versé sur les matières fécales est dans les bidons qui servent aussi de bureau.

Evaluation sur l’ergonomie et l’organisation du travail

Lors du salon primevère, les excréments solides étaient recueillis séparément du liquide, (alors qu’à Toulouse, tout était récupéré dans le même bidon). Un système de guidage par une tuile avait été mis en place. Le papier était collecté dans un troisième bidon. Nous avons trouvé pour l’occasion des bidons de 60 litres avec couvercle fermé hermétiquement par cerclage métal, réemploi d’une usine important de différents pays du monde des “ arômes identiques aux arômes naturels ” comme il était inscrit sur les étiquettes.
Pour assurer tous les postes et répondre à tous les besoins dans le cadre d’un flux ininterrompu il a fallu :
- 2 personnes pour faire la micro-formation à l’usage (expliquer le mode d’emploi) avant de passer aux toilettes et expliquer l’intérêt de cette opération,
- 1 personne pour assurer la logistique (nettoyer, approvisionner en papier, en terreau, tracts, sortir les bidons et les poubelles, etc..).
- Dans le cas de Primevère, il y avait 2 personnes en plus pour expliquer en profondeur les enjeux politiques, environnementaux et sociaux de l’opération et particulièrement le lien avec le risque industriel.
On peut affirmer qu’il n’y a pas eu une minute de vacances des 3 cabanes pendant les trente heures qu’à duré le salon. Sauf pendant les quelques instants du nettoyage ou du transfert des bidons, elles ont été utilisées en permanence. L’estimation de la durée d’utilisation est d’une personne à la minute pour l’ensemble. Soit environ mille huit cents personnes qui ont effectivement utilisé cet équipement sur les trois journées.


A gauche, l’explication du lien avec le risque industriel, au centre la file d’attente avec débat, à droite le lave-main de la sortie.

Recommandations de modification-amélioration issues du retour d’expérience commun à l’équipe.
*Les personnes en charge de la micro-formation et de l’animation ont été dès l’ouverture confrontées à une rafale de questions non prévues et leur bagage technique était insuffisant dans les premières heures. Comme l’afflux était permanent, il n’a pas été possible de diffuser et/ou d’acquérir les réponses rapidement. De la documentation avait été mise à disposition des animatrices-teurs mais les files d’attente étant très importantes (de cinq à quinze personnes en permanence) les questions s’élargissaient à “ comment je peux faire ça chez moi, parce que je suis confronté à telle ou telle difficulté d’adaptation... ” s’ensuivaient des questions d’architecture, de biologie, de matériaux, de réseaux de tout-à-l’égoût, etc... S’ensuivaient aussi des souvenirs (quand j’étais jeune, chez ma grand mère...). La nouveauté, très ancienne, du sujet de conversation et de l’objet d’utilisation, nécessitent de nos jours une palette de réponse extrêmement vaste, donc une formation plus consistante que celle que nous avons faite. Mais cette situation de file d’attente importante a favorisé les échanges entre les usager-e-s. Les toilettes à compost étaient devenues le dernier salon où l’on cause.
*Une part importante du temps de micro-formation est consacrée à expliquer aux hommes que même s’ils ne veulent qu’uriner, il leur faut s’accroupir comme le font les femmes. Cela contrevient à leur culture, il a donc fallu passer du temps à leur expliquer l’importante nécessité de le faire. Il est possible d’économiser ce temps d’explication simplement en installant à l’intérieur des cabanes de primevère des urinoirs en position debout, en plus de l’installation à séparation dont les bidons se trouvent en dessous de la cabane. Ce n’est pas sans intérêt non plus du point de vue de la récolte de bidons, plus facile d’accès s’ils sont sur le plancher que la récolte de ceux sous le plancher de la cabane. A Toulouse, nous avions installé des urinoirs sur des bottes de paille à quelques mètres des cabanes, solution préférable à tous points de vue quand on est à l’extérieur.
*Mettre la poubelle à papier en dessous du plancher en faisant un percement spécifique pour le papier. Moins facile d’accès qu’au dessus du plancher mais très léger.
*Visser des cales légèrement en pente vers l’avant près du trou pour à la fois faciliter la stabilisation puis le redressement des usager-e-s et pour indiquer l’emplacement des pieds.
*Installer une rampe ou des poignées pour que les personnes âgées ou à mobilité réduite puissent se relever.
*Distribuer un tract listant les artisans, les loueurs ou les fabricants d’objets équivalents à ce qui était en service à primevère.
*Distribuer un tract avec le plan de l’objet, la liste des matériaux, le coût, etc...de l’installation en place.
*Installer un distributeur de tickets pour mesurer la fréquentation.

Récolte

Quantités d’urine, de matières fécales et fréquentation totale du salon :

Vendredi 20 60 litres 60 litres 7 648 visiteu-se-r-s

Samedi 21 170 litres 70 litres 10 473 visiteu-se-r-s

Dimanche 22 220 litres 100 litres 12 050 visiteu-se-r-s

Total 450 litres 230 litres 30 171 visiteu-se-r-s

La bascule de l’entreprise de compostage de déchets verts pour la communauté d’agglo de Lyon où nous sommes allés vider, a pesé 640 kg, ce qui corrobore les 680 litres que nous avons estimés. Le dépôt nous a coûté 30 euros soit 45 €/tonne.

Notre estimation de la fréquentation des toilettes est de 1800 personnes pour la durée du salon.

La durée moyenne de visite de ce salon est de 4 heures. Primevère se déroule dans un grand hangar industriel d’exposition qui comporte par ailleurs des toilettes conventionnelles humides, ouvertes au public et bien entretenues par l’entreprise habituelle de nettoyage.


Une anecdote pour finir....

Pour fabriquer les cabanes et plus particulièrement le plancher, nous avons envisagé d’utiliser un parquet local plutôt que “ pin du nord ” ou “ pin des landes ” qui nous semblaient avoir trop roulé en camion ou avoir grandi trop près de Tchernobyl.
Chez un marchand de matériaux de la vallée du Rhône, un parquet en mélèze, arbre fréquent du massif alpin, semblait dans nos prix. Le parquet étant chargé sur le camion, au moment de passer à la caisse, l’un des gandousiers a incidemment demandé d’où venait ce mélèze. Réponse : de Russie. Il a donc été immédiatement déchargé et remplacé par un “ pin des landes ” moins cher, moins camionné et moins radioactif. L’histoire ne dit pas si le marchand de matériaux dira honnêtement à son prochain client d’où vient son parquet en mélèze......

Les Gandousiers de Primevère
Mars 2004

Quelques références bibliographiques

Pour en savoir plus sur le compost :
“ Le sol, la terre, les champs ” de Claude Bourguignon Pour en savoir plus sur les toilettes à compost ;
“ Water sans eau ” de Béatrice Trelaün
“ Pluvalor et traiselect ” de joseph Orszagh.
“Histoire des mœurs ” sous la direction de Jean Poirier.
“Les lieux, histoire des commodités ” de Roger-Henri Guerrand
“ Comment chier dans les bois ” de Kathleen Meyer


Quelques références de site internet

- Un texte de Anne Rivière (association Eau vivante)
http://www.geocities.com/nesdelaterre/article3.html

- Un texte de Joseph Orszàgh, avec des plans pour des toilettes à litière.
http://www.habiter-autrement.org/11.construction/2_techniques/02_tech.htm#_f

- Un forum de discussion sur les “ ouaterre ”.
http://www.passerelleco.info/article.php3?id_article=101#liens_forums

- Un aperçu sur la recherche au niveau mondial.
http://www.gtz.de/ecosan/